Mythes et légendes sur les chevaux de Camargue

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Avec ses 150 000 hectares, la Camargue est une région située dans le delta du Rhône, classée depuis le XIXe s. comme réserve de biosphère et parc naturel régional. Connue pour ses chevaux, la Camargue entretient une relation étroite avec la Méditerranée. En effet, avec pour anciens voisins Romains et Grecs (de l’époque antique), la Camargue a su inspirer, et son animal emblème prendre des origines divines.

Un cheval fort et libre, pareil à nul autre

Le cheval Camargue est un petit cheval de selle, robuste, à la robe grise. Originaire du sud de la France, il est considéré comme un des plus vieux chevaux du monde, malgré une généalogie assez mystérieuse. Déjà mentionné pendant l’Antiquité Romaine, il a été jusqu’au XIIe s. monture de bât et cheval de guerre. On compte plusieurs tentatives de croisements (par les Haras Nationaux) pour accroitre sa taille, qui s’avérèrent infructueuses.
Avec une faible renommée et peu d’importance économique jusqu’au XXe s. la race perdure cependant  grâce à son utilité locale, élevée uniquement dans les marais de Camargue, en semi-liberté. Ainsi, son élevage n’est pas une priorité, et sa reproduction laissée aux bons vouloirs de la nature. Dès lors, on peut considérer que la rudesse de la vie dans cette région, au fil du temps, a fait que seuls les plus forts et résistants ont perpétué la race.
Notons également que seulement une minorité des chevaux camarguais est employé à l’équitation, le grand nombre étant destiné au foulage des grains. La réputation du Camargue le décrit comme un animal « fort docile et plein de feu, mais en même temps difficile à dompter ». La force, la vivacité et le besoin de liberté du cheval Camargue ont d’ailleurs nourri les imaginaires, qui lui donnent une origine divine.

Le cheval blanc et le taureau noir

Alors que Poséidon traversait son royaume sur un immense char tiré par neuf chevaux, aussi immaculés que puissants, un humain nageât à sa rencontre, gémissant d’effroi. Le roi des mers, dont la patience n’était pas la plus grande vertu, abattît son trident d’or et d’argent et questionna ce visiteur, qui troublait sa quiétude usuelle.
L’homme, tremblant, pareil au serpent qui ne quitte pas la flute du dresseur des yeux, considéra les trois pointes, à présent à portée de bras. Il révéla à son inquisiteur qu’il était né entre les bras du Rhône, région qu’il affectionnait pour sa beauté, où le ciel, la terre et la mer se mêlent à parts égales. La faible créature confiât ensuite au Dieu des Mers la raison de sa venue dans le jardin divin. Il était la victime d’un infernal animal : un énorme taureau dont la robe noire semblait inspirer même les ténèbres, paré de longues cornes en forme de Lyre.
Le Grand roi des Océans, qui partageait avec Zeus, son ainé, l’amour des hommes, décidât d’accorder son aide au Camarguais, afin qu’il puisse lutter contre son adversaire cornu. Il défît les liens du cheval de tête de son attelage. Il considéra l’animal quelques instants et confiât à l’humain que c’était là son meilleur cheval, qui saura devenir un allié irremplaçable pour lutter contre le taureau d’ébène, à condition de le traiter comme un ami, et de le chérir comme un frère depuis longtemps disparu. Il le prévînt également que cet animal était l’enfant des immensités de la mer, et qu’il avait été mené par Dieu lui-même pendant de longues années. Ainsi, jamais il ne devra le brider, afin qu’en le laissant libre de toute entrave, il puisse venir humer à pleins naseaux ses origines marines et divines.
Après trois jours et trois nuits à amadouer le puissant animal, qui n’avait jusqu’alors jamais approché d’humains, l’homme monta sur son dos. Le corps meurtri par ces longues heures d’efforts, il se laissa guider par le cheval, qui plein d’intelligence, le menât jusqu’au taureau démoniaque. Inspiré par le trident du Dieu des Mers, il saisît un bâton à trois branches, qu’il utilisât pour mâter le terrible animal.

C’est depuis ce jour que l’on peut voir en Camargue des hommes armés de tridents, monter de puissants chevaux blancs aussi libres que la brise marine, fils de celui qui avait fait la fierté de Poséidon, Grand Dieu des Océans.

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